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vendredi 4 décembre 2009

Trois fois sept


Sept histoires à raconter quand quelqu’un demande « c’est la tour Eiffel ? ».
1. Non, c’est un puits de pétrole.
2. Pas du tout. C’est l’Arc de Triomphe. Je sais pas pourquoi tout le monde les confond toujours.
3. Hein ? Ce truc n’était pas là hier. Cours, vite, avant qu’il grandisse encore et nous attrape.
4. Il faut que je te dise quelque chose. La tour Eiffel n’existe pas, Paris n’existe pas, pas plus que la France. D’après la théorie spirite, le monde matériel est le plan modérateur du caractère individuel. Comme on dirait aujourd’hui, ça veut dire que chaque seconde des idoles, des tours, des totems et des McDonald’s sont créés et détruits. Quant à moi, je préfère les McChicken avec plus de mayonnaise, même si je sais que je risque l’infarctus à chaque bouchée. A la réflexion, McChicken, mayonnaise, infarctus et buts de Zidane n’existent que dans ta tête. J’ai été clair ?
5. La tour Eiffel ? C’est pas le Colisée ? On n’est pas à Rome ? Je vais tuer cet agent de voyage de malheur.
6. Tu peux l’appeler tour Eiffel. Moi je l’appelle Marta, comme ça, juste parce que c’est plus joli.
7. C’est pas vrai ? Comment ça se fait que je l’aie pas vue avant ?

Sept excuses pour ne pas retourner une fois de plus au Louvre voir les mêmes tableaux que d’habitude, cette fois-ci avec le beau-frère de ton cousin en vacances à Paris.
1. Ma religion m’interdit de visiter des musées qui exposent des vieilleries.
2. J’aime pas les Japonais.
3. Zut, j’ai une grippe A carabinée aujourd’hui.
4. Mona Lisa ? C’est un thon. Investis le prix du billet dans le dernier Playboy.
5. Qui s’intéresse au Louvre quand il a la chance de connaître Cyclo? Tu connais pas Cyclo? Ben non, bien sûr. Il s’appelle Argemiro das Dores Fortes. Ca te dit quelque chose ? Non ? C’est un ami à moi qui sait tellement de trucs qu’avec les copains du Biruta, on s’est mis à l’appeler Encyclopédie. Il est ensuite devenu Encyclope et maintenant Cyclo. En fait, je crois bien que je t’ai jamais parlé de mes potes du Biruta, des mecs qui fréquentaient le Bar Biruta, pas loin de chez moi. Ecoute, je crois que je vais t’accompagner au musée, comme ça je pourrai te raconter les détails de l’histoire de Cyclo, de mes potes du Biruta et de Margueritte, dont je t’ai pas encore parlé. Y en a pour une semaine à tout raconter ! Tu laisses tomber ? Mais pourquoi ?
6. J’allais justement te proposer d’y aller aujourd’hui, mais je viens de recevoir un appel du boulot et va falloir que j’aille en vitesse au Perpettekistan. Dommage…
7. T’es pas au courant ? Ils viennent juste de transférer le Louvre à Catolé do Rocha, dans l’état de Paraíba.

Sept bizarreries françaises.
1. Les escargots
2. La viande hachée de cheval
3. Le foie gras
4. Les sauterelles grillées
5. Le boudin
6. Les cuisses de grenouilles
7. Brigitte Bardot à 70 ans.

Profitez-en pour découvrir la BD Belle & Chico, les aventures d'un frère et d'une soeur franco-brésiliens: www.bellechico.com.br

vendredi 19 octobre 2007

Parcours du combattant


- Bon, on n'a qu'à se retrouver à la papeterie de la galerie du Louvre.
- J'y serai dans une demie heure.


C'était facile. Il suffisait de prendre le métro à côté de la maison, descendre à la bonne station et parcourir à pied les quelques mètres restants. En avance, j'ai décidé de m'arrêter plus tôt et de me promener un peu. C'était parfait pour arriver à l'heure exacte et profiter un peu du soleil sur le trajet. Un soleil qui n'est pas sorti souvent au cours de l'été parisien.

Impossible de se tromper. Et pourtant !

J'arrive au Louvre. Porte fermée. Tous les musées du monde ferment le lundi. Seul le Louvre ferme le mardi. C'est vrai que même La Joconde a droit à un jour de repos, mais le mardi? Devant l'impasse, le plus simple était de téléphoner et fixer un autre point de rendez-vous.

Vu que je n'ai pas de portable, je suis parti à la recherche d'une cabine. Je me dis que le Louvre étant en lieu touristique, je ne devrais pas avoir trop de mal à en trouver une. Et pourtant, pas la moindre cabine téléphonique dans tout le quartier.

J'ai marché, tel un pèlerin, tête nue au soleil, jusqu'à trouver un simple téléphone public. J'y entre, sors ma carte et tape mon numéro. Et lá, au lieu de l'habituelle sonnerie d'appel abouti, une voix nasillarde me dit:

- Votre carte n'est plus valable, merci d'en acheter une autre. Votre carte n'est plus valable, merci d'en acheter une autre. Votre carte...


La 2e étape logique était d'appeler en PCV. Encore fallait-il que le mode d'emploi soit affiché dans la cabine. J'essaie de demander à une dame.

- Madame s'il-vous-plaît, savez-vous comment appeler en PCV?


Elle a ouvert des yeux grands comme des soucoupes, m'a regardé de haut en bas et s'est accrochée à son sac avec force, s'éloignant d'un pas décidé. Ça fait partie de la culture brésilienne de transférer sa dette. Au pays de l'ardoise, tout le monde téléphone en PCV. Mais essayez pour voir de demander à un parisien s'il sait comment faire. La pauvre dame, face à type en nage, parlant un français douteux, a dû croire qu'il s'agissait d'un nouveau type d'agression venu des tropiques. Et elle a tourné les talons.

J'avais déjà 30 minutes de retard. Je me dirigeais vers une boutique de souvenirs pour touristes pour acheter une nouvelle carte téléphonique.

- On n'en fait pas. Mais nous avons un magnifique t-shirt "I Love Paris" en soldes si vous voulez.

J'entrais dans la suivante.

- Nous n’avons que des mini Tour-Eiffel, ça vous intéresse?

Puis dans la 3e.

- Une carte de téléphone? Mais non. Il n'y a que les tabacs qui en vendent,
répondit le vendeur en riant, comme s’il s’agissait de la chose la plus normale du monde.
- Et vous sauriez me dire où trouver un tabac?
- Pas la moindre idée.


Après de longues minutes de marche à tel un bédouin dans le désert, le soleil me rougissant le crâne, j'aperçois à l'horizon ce qui tenait du mirage: un bureau de tabac. A l'entrée trônait une pub Camel, un souriant chameau distribuant des clins d'œil à la cantonade. J’ai bien senti la provocation mais mon retard m'empêchait d'avoir une réaction plus énergique. J’achetais ce dont j'avais besoin et sorti. C'est alors que je me rends compte qu'il fallait que je retrouve la cabine citée quelques lignes plus haut. Or je n'avais aucune idée d'où elle pouvait bien se trouver.

J'avais envie de m'asseoir sur le trottoir et pleurer. Mais j'ai poursuivi ma mission, comptant sur une aide inespérée venue de l’au-delà. Celle-ci ne tarda pas trop à intervenir : j'ai tourné à l'angle de la rue et suis tombé nez à nez avec une cabine. J'y entre, appelle et conviens d’un autre point de rendez-vous. Cette fois-ci j'ai réussi à arriver, en nage, fatigué, avec presque 2 heures de retard et d'une humeur massacrante.

- Ah ben dis donc, tu en fais une tête. Tu as besoin de quelque chose?
- D'une bière et peut-être bien d'un portable.