vendredi 9 novembre 2007

Uh la la


Ding dong, fit la sonnette avec un fort accent français.

- Bizarre. Qui ça peut bien être? Un voisin qui veut du sucre?


J'ouvre. En face de moi un homme grand, blond, transpirant. Un mélange de Gérard Depardieu et du frère de Jim Carrey dans "The Truman Show", en encore un peu plus étrange.

- Bonjour,
dit-il.
- Bonjour Monsieur, dis-je en accentuant mon intonation, très sûr de mon effet.

Et à partir de là, il se mit à vomir des paroles à la vitesse grand V, un papier à la main. Je n'étais à Paris que depuis un mois et ne comprenais pratiquement pas un mot de ce qu'il racontait.

- Pardon?

Il répétait son histoire exactement à la même vitesse. Ce coup-ci je réussis à déchiffrer un mot par ci par là. Il m'a semblé qu'il s'agissait de quelque chose lié aux vacances.

- Je peux voir? demandais-je, désignant le papier qu'il tenait à la main.Ma question le mit hors de lui.

- Mais c'est la même chose que je viens de répéter DEUX fois!

Ça, j'ai bien compris.

De la fumée lui sortait du nez. C'était les prémisses d'un véritable bras de fer. Lui, transpirant de plus belle et moi tirant le papier dans l'espoir de comprendre, enfin, de quoi il s'agissait. Cette relation ne commençait pas sur de très bonnes bases et je ne réussis même pas à tout lire. Tout a empiré lorsque je butais sur un mot.

- Qu'est ce que c'est Pâques? Je n'avais jamais entendu parler d'une chose pareille. Très vite, j'échafaudais un scénario dans ma tête: il travaillait au zoo, allait partir en vacances et faisait une quête pour que ses pacas* ne manquent de rien pendant son absence.

Pas de réponse. La tension était palpable. Il était si rouge que je pensais qu'il allait exploser. Il fallait trouver une issue, et vite.

Je pris mon air dur, genre mauvais garçon et le regardais droit dans les yeux. Il fit pareil, sauf qu'il était tout transpirant et bien plus impressionnant que moi.

- Désolé, Monsieur, mais je n'ai absolument rien compris.
- Moi non plus,
dit-il en grognant.

La chaleur de son haleine me fit dresser les cheveux sur la tête.

Le type a tourné les talons et s'est éloigné dans le couloir en grondant. Avant même que j'aie le temps de fermer la porte j'entendis un "putain" retentir.

Je fermais la porte, et donnais deux tours de clef, juste pour me rassurer.


*rongeur des Amériques

1 commentaire:

Grégoire a dit…

heureusement que Julien était au Sénégal sinon on aurait pu penser à lui pour le grand blond façon depardieu